XPERience se refait une beauté…

•27 juin 2014 • Laisser un commentaire

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Table Ronde, le supperclub parisien

•11 septembre 2013 • Laisser un commentaire

Une gastronomie intimiste et… décomplexée

La Table Ronde - Supperclub parisien

Les papilles sont au garde à vous. Et elles ont raison. Elles sont intuitives et ont décrypté dans l’air du temps l’arrivée de quelques effluves délicates qui émoustillent la capitale. Le petit monde de la gastronomie frissonne. Un nouvel espace dédié à la création culinaire affole les gourmets. Un concept novateur qui redonne à chaque chef ses lettres de noblesse, lui offre carte blanche pour exécuter ses mets fétiches selon son humeur et exprimer toute l’étendue de son talent. Et ceci sans contraintes. Table Ronde est une ode à la cuisine contemporaine, un espace ouvert à la créativité.

Imaginé par Nicolas Chatenier et harmonieusement mis en scène par Bruno Borrione, ce lieu de perdition gourmande se donne pour vocation de rendre accessible la cuisine et de privilégier l’échange et le dialogue entre le chef et les gastronomes. En effet, la table se présente comme un demi-cercle autour duquel prennent place 16 convives. Au centre, un chef et son commis s’agitent, élaborent et exécutent des assiettes colorées, créatives et gourmandes : les produits prennent ainsi vie sous les yeux émerveillés des fins gourmets. La discussion est ouverte, les émotions jaillissent, les réactions fusent. Pari gagné, la convivialité est au rendez-vous. Un monde de passionnés se croise et s’anime le temps d’un savoureux diner.

Table Ronde - La salle, table & cuisine

Table Ronde présente une programmation pointue où quelques jours par mois seulement des chefs d’envergure laissent exprimer leur art. Chaque diner est donc unique et chaque soirée une expérience. Le chef oublie son tablier quotidien pour enfiler un costume taillé sur-mesure : sa prestation devient beaucoup plus intimiste, spontanée et chaleureuse. Dans ce petit coin du Marais, un vent de liberté souffle sur la cuisine gastronomique qui s’autorise alors les folies culinaires les plus extravagantes…

Nous avons participé à l’une de ces exquises soirées. Celle-ci fut animée par le chef italien Denny Imbroisi qui, après avoir démontré ses talents dans l’émission Top Chef, travaille aujourd’hui chez Alain Ducasse au Jules Verne. Thème du dîner : tomates & champagne. Sympathiquement alléchant. La tomate fut ainsi déclinée en 7 plats, sous toutes ses couleurs et toutes ses formes, en variations salées et sucrées. Savoureux ballet chatoyant délicatement relevé de fines bulles provenant de la Maison Duval-Leroy. Exaltante découverte. La cuisine méditerranéenne de Denny est incroyablement inspirée.

MENU

Martini d’eau de tomates, gingembre,
tourteau et oseille sauvage

Gaspacho de tomates ananas, mozzarella fumée, culatello,
condiment citron amer

Salade de tomates couleur, langoustine grillée,
jus de cerise citron vert

Fettucce, basilic thaï, parmesan
et Ma sauce tomate

Tagliata de thon snacké, vinaigrette olive taggiasche,
marmelade de tomates et condiment avocat grillé

La tomate aux 12 saveurs d’Alain Passart revisitée

Crumble à l’huile d’olive, crémeux aux fraises et coriandre,
pomodorini dolci et glace fraise

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Délicieuse palette de saveurs inattendues. Associations de produits judicieusement imaginées. Dressages exécutés sur une valse de tons chauds. Un talent prometteur… Les fettucce étaient particulièrement exceptionnelles : mention particulière pour la sauce tomate totalement addictive ! Un grand bravo également pour les desserts qui ont su charmer et étonner nos papilles : admiration absolue. La tomate se redécouvre avec plaisir sur chaque interprétation : un produit ambigu à la fois fruit et légume qui se conjugue à l’infini et à toutes les sauces.

Surveillez de près la programmation de ce restaurant atypique et devenez les invités privilégiés d’un chef qui vous contera mille et une saveurs avec une cuisine à la fois maitrisée et libérée de toutes contraintes. Offrez-vous une occasion inégalable de rencontrer un grand chef. Vivez une parenthèse savoureuse suspendue entre rêve et réalité. Délectez-vous d’une expérience unique.

A venir : Michel Roth, Alexandre Bourdas, William Ledeuil ou encore Naoelle d’Hainault… pour n’en citer que quelques uns.

Table Ronde, c’est une seule table qui multiplie les talents et s’accorde au pluriel.

Table Ronde, 58 rue de Saintonge, 75003 Paris. Réservation exclusivement sur le site.

http://www.tableronde.com

http://www.lejulesverne-paris.com

http://www.alain-ducasse.com/fr/restaurant/le-jules-verne

Panier de tomates @Table Ronde

Tagliata de thon snacké, vinagrette olive taggiasche, marmelade de tomates et condiment avocat grillé - Denny Imbroisi @Table Ronde

Crumble à l'huile d'olive, crémeux aux fraises et coriandre, pomodirini dolci et glace fraise - Denny Imbroisi @Table Ronde

Le Nobu au Royal Monceau

•10 juillet 2013 • Laisser un commentaire

Une institution de la gastronomie japonaise contemporaine…

… en version éphémère à Paris

Nobu_boeuf tataki

Les trend-setters et amateurs de cuisine japonaise moderne se damneraient pour Nobu. Nobuyuki (Nobu) Matsuhisa. Grand chef cuisinier et restaurateur, connu pour sa gastronomie fusion qui mêle judicieusement plats de la cuisine traditionnelle japonaise et ingrédients de l’Amérique du Sud. Continent solaire où le chef a fait ses armes, mémorisé et inventé des recettes, apprivoisé et maîtrisé les produits locaux. S’offrant au passage une signature gastronomique nippone au caractère latin affirmé.

Non seulement Nobu a révolutionné sa cuisine en lui insufflant des saveurs internationales, mais surtout en lui dessinant une silhouette parfaitement ajustée et à l’allure follement sexy. En effet, Nobu frime en proposant une « jet-food » colorée, légère, exotique et superbement esthétique qui rend complètement folles les papilles des « beautiful people«  : célébrités, personnalités, mannequins ou encore riches hommes d’affaires se bousculent pour obtenir une réservation dans l’un de ses nombreux restaurants, transformant ainsi sa table en accessoire de mode. Dernier haut lieu où il faut être vu.

Même si nombre de fins gourmets critiquent cette « food-fashion », elle reste néanmoins un signe distinctif de « branchitude » : toutes les plus grandes villes du monde abritent un « Nobu ». Toutes sauf Paris. La capitale de l’exception culturelle. Celle où les frimeurs n’ont pas leur place. Une ville où faire profil bas reste synonyme d’intelligence. Et le chef Nobu s’en est rendu compte, trop tard, à ses dépends. Trop avant-gardiste ? Peut-être. Une chose est sure, Paris n’était certainement pas prête à accueillir une table aussi moderniste il y a 10 ans, bien avant la prolifération des sushis, makis et autres sashimis qui ont, depuis, envahi nos assiettes.

Nobu Paris au Royal Monceau

Après 2 échecs, Nobu a pris ses quartiers d’hiver 2012 au Royal Monceau, le temps d’une saison. En édition limitée. Le chef et sa brigade ont ainsi pris d’assaut les fourneaux du restaurant gastronomique La Cuisine, récompensé par une étoile au Michelin, mais cette fois-ci en version éphémère.

Le Nobu de Londres ayant délicieusement fait valser nos papilles il y a quelques années, nous nous sommes empressés de réserver une table afin d’expérimenter le menu de la Saint Sylvestre. Surs ainsi de déguster un diner bousculant les sacro-saints rituels et produits traditionnels qui font, selon la plupart des gastronomes, la réussite d’un repas de réveillon (i.e. foie gras, huitres, homard, etc.). Et de redécouvrir un chef. Appréciation mitigée : si la dégustation fut largement délectable, elle en fut quelque peu frustrante.

Décliné en huit plats et un dessert, le menu de la Saint Sylvestre contait pourtant mille et une saveurs exotiques et enchanteresses.

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Baby sushis Matsuhisa spécial Réveillon
Thon « nigiri » / Seriole et « jalapeño » / Rouleaux de crabe « soft shell »

Soupe Claire au Homard & Nouilles soba au thé vert

Langoustine Martini, Sauce shiso

Tartare de thon O-Toro & Caviar Français “Impérial”

Saumon « Écossais » poêlé
Façon « Karashi su Miso », condiment truffe noire

Salade maki Crabe Royal Kinuta
Vinaigrette épicée au citron et haricot noirs

Cabillaud « Black cod », Miso et yuzu

Entrecôte de bœuf “Wagyu” foie gras poêlée
Sauce « Teriyaki » à la truffe noire

Dessert par Pierre Hermé Paris

Millefeuille Infiniment Truffe Noire
Pâte feuilletée caramélisée, crème de mascarpone à la truffe noire, glace à la truffe noire 

Cafés et infusions
Gourmandises Pierre Hermé Paris

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Le menu fut, dans son ensemble, sympathiquement bon. Quelques détails insatisfaisants ont néanmoins ponctué la prestation. L’exercice n’est certes pas facile. Signer une exécution parfaite quand on décline autant de plats, relève d’une maîtrise rigoureuse et d’un savoir-faire exercé.

Si les « baby sushis » n’ont pas flatté l’oeil par une présentation alléchante, le poisson cru était délicieusement fondant. Aucun exploit à souligner ici, si ce n’est la qualité des produits servis. Un minimum vous en conviendrez.

La soupe claire au homard n’a, quant à elle, pas su envoûter nos papilles. Désenchantement absolu devant un bouillon fade dans lequel évoluaient quelques nouilles soba sans véritable intérêt. A ce niveau de prix, nous sommes en droit d’être exigeant et d’émettre des réserves quant à la réelle implication du chef dans cette recette. Même constat malheureux pour le dessert. Pierre Hermé n’a pas su relever le défi : habituellement explosives, ses saveurs gourmandes ont cette fois-ci joué la carte de la timidité et sont restées très introverties. Voire empêtrées dans un mascarpone grassouillet.

Rien à dire quant à la fraîcheur des produits. Le thon au tartare de velours a majestueusement tenu tête au caviar. Le saumon s’est offert comme une rose délicate et suave, séducteur et onctueux en bouche. Elégantes merveilles de finesse et de légèreté. Mention remarquable pour le cabillaud « black cod », plat signature de Nobu, qui bouscule les sens et entretient un échange sucré-salé parfaitement pertinent avec les papilles.

CABILLAUD « BLACK COD »

Nobu_Cabillaud "black cod"

TARTARE DE THON O-TORO & CAVIAR

Tartare de thon O-Toro & Caviar Français “Impérial”

Si les assiettes sont restées inégales, à la fois en terme de présentation et de goût, nous avons su apprécier un diner exotique aux charmes cosmopolites qui a bousculé les codes d’un repas généralement très conventionnel.

Et si vous avez la chance de diner dans un des nombreux restaurants Nobu, évitez de commander les traditionnels sushis & makis pour vous orienter vers des plats plus dépaysants et inattendus, qui sauront davantage éveiller vos papilles et mettre ainsi vos sens en émoi. Les prix élevés ne justifient pas toujours une qualité sans faute mais garantissent des plats « fashion », une salle à la décoration très tendance et la présence de beautiful people.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de goûter à la cuisine de Nobu, n’hésitez pas à vous détendre dans le jardin-terrasse du Royal Monceau afin d’y siroter un verre et déguster, du bout des papilles, de délicieuses gourmandises signées Pierre Hermé. Les snacks ou « finger food » proposés à la carte étant de qualité toute relative, préférez les pâtisseries pour assouvir une envie de grignotage. Et si l’idée d’une romance à l’italienne vous prenait, installez-vous au restaurant Il Carpaccio et laissez-vous guider par une jolie carte aux saveurs méditerranéennes, justement récompensées par une étoile au guide Michelin.

Le Royal Monceau, 37 avenue Hoche, 75008 Paris

http://www.noburestaurants.com

http://www.nobumatsuhisa.com

Longue salade de tomates_Nobu

Sashimi de limande_Nobu

Sushis rolls_Nobu

Dessert_Nobu

Le Sur Mesure par Thierry Marx

•30 mai 2013 • Laisser un commentaire

Une cuisine impertinente dans un écrin avant-gardiste

Sur-Mesure par Thierry Marx - la salle

Son allure ? Chic et urbaine. Son style ? Résolument avant-gardiste. Sa silhouette ? Chaste mais séduisante.

La décoration et l’habillage de ce restaurant atypique évoquent indéniablement l’univers de la mode et celui du luxe. S’il devait être la pièce maîtresse du défilé d’un couturier, il serait sans nul doute la robe de mariée. La dernière création que l’on dévoile, celle pour laquelle le public retient son souffle. Le Sur Mesure rappelle ainsi à quel point la gastronomie est une histoire de savoir-faire et de précision où l’expérience en souligne la perfection, la créativité et la maîtrise. Et quand on accole à cette Maison le nom de Thierry Marx, on comprend aisément que l’assiette sera aussi inattendue que l’homme est rigoureux. Parce que le chef multi-étoilé entretient un rapport intime avec le produit. Il en révèle ses propriétés intrinsèques : le produit est ainsi étudié, déstructuré puis reconstruit pour en réinterpréter ses saveurs et sa texture. Thierry Marx joue avec les molécules, les extrait, les échauffe, leur fait tourner la tête pour mieux faire perdre celles de nos papilles. Et le résultat est bluffant. Du travail d’orfèvre. De la haute couture…

Chocolat noir & fruit de la passion

Nichée dans l’écrin luxueux du Mandarin Oriental, la salle du restaurant surprend par son blanc monochrome. Ici point de couleur. Le lieu est virginal. Apaisant. Le rapport spatio-temporel n’existe plus. Aucun détail ne vient chatouiller le regard. L’attention se concentre donc dans l’assiette où la couleur est reine. Le produit reste ainsi au coeur de l’histoire et l’esprit à l’écoute des sens. Tous les ingrédients sont réunis pour vivre une expérience sensorielle et gastronomique délectable. Pari gagnant. Les sensations sont sublimes…

Le menu est unique pour tous les convives. Seule alternative possible : opter pour une valse en 6 ou 9 temps (165 ou 195 euros). Nous avons choisi de rythmer notre diner en 6 services. Une course de fond déjà tout à fait honorable. Et pas une fausse note à relever, ce qui devient rare sur l’ensemble d’un menu. Les assiettes sont construites avec une extrême précision, chaque ingrédient justement accompagné. Un ensemble parfaitement équilibré où jeux de couleurs, associations et dressages improbables sont millimétrés.

Petit tour d’horizon détaillé. Les amuse-bouches (navet structure & déstructure) et le dessert sont systématiquement présentés en plusieurs petites assiettes dans un style « bento », hommage à la passion du chef pour la cuisine japonaise. Florilège de petites bouchées délicates où diverses saveurs se complimentent et s’équilibrent.

Amuses-bouche façon "bento" Entrée foie gras

Si l’entrée reste un classique de Thierry Marx, elle n’en reste pas moins succulente. Marier le foie gras à l’anguille fumée est judicieux, et ce, sans que l’un ou l’autre des produits ne disparaisse au profit de l’autre. Ils se font d’ailleurs écho avec beaucoup de courtoisie. Le fumet est onctueux et agréablement surprenant.

Le chef a ainsi revisité ce soir là : un oeuf paille aux cèpes et pommes de terre confites où moelleux et croustillant se chuchotent des mots d’amour, un filet de turbot aux betteraves subtilement soutenu par du raifort et des mûres, du homard au pain d’épices discrètement assaisonné de passion et gingembre et une exquise pièce de boeuf wagyu au charbon-réglisse dont la chaire fondante et gouteuse a fait hurler de plaisir nos papilles déjà excitées…

Oeuf frit Turbot

Langoustine façon terre / mer Boeuf Wagyu

Seuls les mini choux composant une partie du dessert (Sweet Bento et Ylang-ylang) n’ont pas trouvé grâce à mes yeux, certainement parce que les choux ne sont pas ma tasse de thé et parce qu’ils n’apportent ni légèreté ni fraicheur pour conclure un menu déjà riche et copieux. Rien à redire sur les autres variations où jeux de textures et associations de saveurs déstructurées continuent de surprendre les papilles jusqu’à la dernière bouchée.

Desserts façon "bento"

Thierry Marx a un immense respect pour le produit, qui le lui rend bien. Comment ne pas apprécier ce travail minutieux et hautement gourmand où l’élégance joue un rôle primordial pour sublimer les assiettes et ravir nos sens ?

Son secret ? Un simple jeu de textures et de températures. Un grand amour pour le produit. Une cuisine « émotion ». Thierry Marx redessine une cuisine fantasmée.

Le menu changeant très régulièrement, filez donc vite déguster ces mets de choix et… retournez-y ! Pour le plaisir. Et pour les petits budgets, le menu du midi reste plus facilement abordable et donne un aperçu déjà succulent de la cuisine du chef.

Le Sur Mesure par Thierry Marx, Mandarin Oriental Paris, 251 rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Réservation au 01 70 98 73 00

http://www.mandarinoriental.fr/paris/fine-dining/sur-mesure-par-thierry-marx/

http://www.thierrymarx.com

Avis aux passionnés : le chef du Mandarin Oriental Paris et le chercheur en physico-chimie, Raphaël Haumont, viennent d’inaugurer un lieu de recherche au sein de l’université Paris-sud à Orsay : le Centre Français d’Innovation Culinaire (CFIC). Ensemble, ces deux génies vont bousculer les codes culinaires, chatouiller les molécules et explorer ainsi la matière… et transmettre leurs savoirs aux générations futures.

http://raphaelhaumont.wordpress.com

Le Clos des Sens – Annecy-le-Vieux

•23 décembre 2012 • Laisser un commentaire

Des hôtes artisans culinaires

 

Dans les hauteurs d’Annecy se trouve un nid douillet et gourmet. Le Clos des Sens. Un adorable boutique-hôtel au charme paisible. Installé depuis 20 ans dans ce quartier tranquille, l’établissement propose 9 chambres au confort moderne dont les vues sur le lac ou les montagnes leur confèrent détente et sérénité. Pause ressourçante. Et gastronomique. En effet cet établissement intimiste cache une pépite gourmande : la cuisine de Laurent Petit promet une rencontre au service des sens où l’harmonie des saveurs s’inscrit au coeur de son art.

Premières impressions : chaleur et convivialité. Ce cocon invisible perché sur les hauteurs du vieux quartier d’Annecy surprend par son accueil et sa décoration aux tonalités chaudes et au design contemporain. Cheminées incrustées dans les murs, baignoires au centre des chambres, luminaires en LED en guise d’oeuvres d’arts… le mobilier a de quoi étonner. Et le peu de chambres disponibles signe un sens indéniable de l’hospitalité et donne le ton : l’hôte est au service exclusif du voyageur, garant de son confort et de son bien être pour un séjour inoubliable.

Clos des Sens - Chambre

Il faut dire qu’au Clos des Sens « bien-être » sonne comme une douce mélodie. L’établissement porterait-il bien son nom ? Notre séjour fut certainement divin. Nous avons logé dans une chambre en duplex, très agréable, spacieuse et confortable où détails et décoration sont courtoisement pensés. Une peluche sympathique signée The Pudgies trônait fièrement sur le lit : drôle de mouton, comme un clin d’oeil rassurant et amical. Idée chaleureuse que je salue.

The Pudgies - Sheep

Et pour assouvir tous les sens, c’est au restaurant que les papilles ont exprimé leur plaisir. Car depuis 20 ans, Laurent Petit maîtrise et sublime une cuisine rythmée par les saisons et par l’élaboration d’une carte qui ose et surprend tout, en conservant l’esprit de subtiles associations. De ces rencontres inattendues naissent l’harmonie et la redécouverte unique de chacun des produits ainsi sublimés. La reconnaissance est belle et bien là puisque le chef a été doublement récompensé par le fameux Guide Rouge.

« La création est un état d’esprit, toujours en éveil. La création est mon quotidien. D’un objet, d’une matière, de mots, d’une rencontre, d’un produit naîtra la prochaine recette. », Laurent Petit.

Son restaurant propose différents menus pour satisfaire tous les appétits et les gourmets les plus exigeants… Nous avons opté pour la formule « Découverte » : la surprise d’une succession harmonieuse des dernières créations du chef en quatre services, fromages et grand dessert. Une jolie déclinaison pour aborder sa cuisine et sa créativité, le tout en surprise. Notre version s’est composée des mets suivants :

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* Mise de bienvenue : jardin suspendu de légumes croquants
* Mise en bouche : ferrand du lac leman, œufs de poisson fumés avec son infusion de mini champignons et herbes 

– Huîtres pochées, sauce huitre et émulsion
– Tarte fine des sous bois, soupe de champignons 
– Bar cuit à basse température, variation de choux et crème de citron confit
– Le cochon de la tête au pied : boudin noir, confit caramélisé, lard, le tout au pamplemousse 

– Chariot de fromage affinés avec, en prime ce jour là, un bleu très rare

– Tube de chocolat, crème de marrons et whisky tourbé
* Après dessert : bulle de sucre, potimarron avec caramel beurre salé

* Mignardises

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Sublime. Gouteux. Fin. Surprenantes associations, magie des goûts. Les pupilles sont extatiques, les papilles en pâmoison. Couleurs et légèreté rythment chaque met. Laurent Petit bouscule les préjugés. Terre et mer, végétal et animal composent souvent, au sein d’un même plat, une autre grammaire des sens.

Comme dans cette entrée élégante, le Jardin Suspendu, où légumes de saison, herbes potagères et fleurs ont tous bénéficié d’un traitement différent avant qu’on ne les cueille à la main, un par un, pour en percevoir les superbes différences de goût, de texture et de couleur. Un plat comme une épure, mais une épure qui s’appuie sur un travail formidable de précision en cuisine.

Et chaque création suit le même processus… L’exécution est précise et méticuleuse. Le résultat, exquis. Les sens sont charmés. L’hypnose culinaire fonctionne à la perfection…

Aucune faute de réalisation n’est à relever, si ce n’est une question de goût : je ne suis en effet pas fan de dessert à la base, et encore moins d’alcool dans le dessert… Le tube en chocolat n’a donc pas rencontré de vif succès avec moi. En revanche, rien à redire visuellement parlant, l’interprétation est sublime !

Et si vous voulez découvrir l’étonnante surprise de l’après dessert… Partez en amoureux vous délecter d’une exquise pause gourmande au Clos des Sens.

Le Clos des Sens, 13 rue Jean Mermoz, 74940 Annecy-le-Vieux. Réservation au 04 50 23 07 90 ou artisanculinaire@closdessens.com

http://www.closdessens.com

Plat Laurent Petit Dessert Laurent Petit

Plat Laurent Petit

Plat Laurent Petit

Le Clos des Sens - Restaurant

Ladurée – Le Brunch

•22 décembre 2012 • 4 commentaires

Un brunch très honnête… des macarons en déclin…

Ladurée

S’il y a bien une Maison gourmande mythique à Paris, c’est bien Ladurée. Une signature comme une friandise aux tons pastels et acidulés, connue et reconnue de tous pour ses légendaires macarons et ses pâtisseries colorées. Une Maison qui déplace les foules depuis 150 ans et attire aujourd’hui les touristes en masse.

Sur les Champs-Elysées, son établissement légendaire accueille sur plusieurs étages un restaurant, un salon de thé, un bar et bien sûr, une boutique de douceurs auxquelles il est difficile de résister quand on est fin gourmet de délices sucrés. Suite à un incendie accidentel en 2011, cette célèbre adresse a dû se refaire une beauté : désormais tirée à quatre épingles après un an de restauration et d’embellissement, c’est dans un décor Napoléon III que la Maison a rouvert ses portes fin octobre 2012. Juste à temps pour engranger l’énorme chiffre d’affaires lié aux fêtes de fin d’année.

Ladurée - nouvelle boutique Champs-Elysées

Si la qualité des macarons s’est dégradée ces dernières années (processus trop industrialisé, macarons pas toujours frais du jour même, moins moelleux, moins garnis et toujours plus chers), la Maison propose un brunch particulièrement intéressant en terme de rapport qualité / prix. Il devient en effet difficile à Paris de trouver un brunch gourmand, gouteux, fin et équilibré à un juste prix. Ladurée offre dans ce sens une expérience plutôt satisfaisante, même s’il n’est pas possible d’avoir des oeufs autrement que brouillés : certainement parce qu’il n’y a pas de vrais oeufs en cuisine…

Ladurée - Brunch

Le menu (35 euros) se compose d’une variété de mets sucrés et salés présentés sur un plateau en argent de style pièce montée. On y trouvera :

_____

– Une boisson chaude au choix : les plus gourmands choisiront le chocolat chaud à l’ancienne.

– Un jus de fruit frais pressé (orange ou pamplemousse).

– Une corbeille de mini viennoiseries et de petits pains.

– Des mini sandwiches.

– Des oeufs brouillés nature (ou avec fines herbes / bacon / saumon fumé / asperges moyennant un supplément de 2 euros).

– Une salade de fruits frais.

– Un yaourt nature.

– Des mini macarons.

Le tout accompagné de beurre et de confitures.

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Sans être trop copieux ni trop riche, il offre une combinaison équilibrée à la fois gourmande et fraîche, simple et originale. Un brunch comme un souffle de douceur, une brise légère où les fameuses friandises signées se mêlent avec harmonie à un menu complet et sain.

Ladurée - Le Brunch

On appréciera particulièrement de déguster ces petits délices dans un cadre superbe ou boiseries et meubles anciens nous replongent quelques années dans le passé et nous rappellent avec évidence que nous sommes d’heureux privilégiés à pouvoir profiter d’une ville aussi riche en Histoire et trésors architecturaux.

Si le service reste quant à lui peu aimable, trop affairé et débordé, pas vraiment souriant ni très accueillant (un comble pour une Maison de luxe), le brunch vaut néanmoins le détour ne serait-ce que pour bénéficier d’une pause conviviale aux notes gourmandes, en couple ou avec des amis.

A ceux qui ne jurent que par les macarons Ladurée, je les invite à découvrir ceux de Pierre Hermé (ancien chef d’orchestre du laboratoire Ladurée) dont la recette et la créativité ont largement dépassé celles de Ladurée. Qui devrait d’ailleurs penser à revisiter sa propre recette au lieu de se vanter d’avoir conservée intacte celle de son créateur, Pierre Desfontaines. Les goûts, les techniques et la concurrence évoluent très vite… A moins que le processus d’industrialisation n’ait détérioré la qualité de la recette…

Ladurée Champs-Elysées, 75 avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris. Réservation et informations au 01 40 75 08 75

http://www.laduree.fr/fr/scene

http://www.laduree.fr/v1/public_jp/maisons/cartes.php?maison=bonaparte

http://www.pierreherme.com

Ladurée - Le Bar 2

Ladurée - Macarons

Ladurée - Ispahan

Ladurée - Vitrine

Ladurée - Vitrine 2

Ladurée - Collection Beauté

Krug en capitale II

•12 décembre 2012 • Un commentaire

Une gastronomie exclusive et insolite

La salle du restaurant

Le lieu est mythique. Empreint d’histoire. Incontestablement parisien. Chaque mur résonne encore d’un joyeux brouhaha aristocratique où se mêlent chuchotements de taffetas, crinolines, rires élégants, effluves parfumées et poudre de riz. La Samaritaine. Le grand magasin le plus important de la capitale. Le bonheur des dames…

C’est dans cet écrin aujourd’hui désaffecté, en attente de retrouver sa splendeur d’antan, que la Maison de champagne Krug a choisi de célébrer son 2ème opus : Krug en capitale II. Pour l’occasion, elle s’est associée au chef triplement étoilé Emmanuel Renaut (Les Flocons de Sel à Megève) qui a imaginé un menu d’exception servi au déjeuner et au diner pendant 10 jours, du 3 au 12 décembre 2012. Ainsi, au 5ème et dernier étage de La Samaritaine, dans un décor éphémère mis en scène par le designer Mathias Kiss, 14 convives privilégiés peuvent se délecter de mets délicats aux saveurs explosives. Chacun subtilement accompagné de précieuses bulles, rares, au goût extrêmement raffiné. Le tout en admirant Paris… redécouvrant ainsi sa beauté, sa splendeur et sa magie.

La Samaritaine_5ème étage

Nous avons fait partie de ces quelques privilégiés qui ont découvert et dégusté, avec un plaisir délectable, le menu du chef le temps d’un déjeuner. Une parenthèse insolite hors du temps s’est ainsi ouverte, suspendue entre passé et présent. On enfile un casque de chantier et le voyage commence… On traverse La Samaritaine en travaux. On tente de reconstituer le lieu tel qu’il était il y a d’abord 7 ans, puis tel qu’il devait être en 1865. On admire les vestiges, le décor, les fresques. On prend la mesure de l’immensité du lieu. De sa beauté. Du silence. On oublie le monde extérieur. On ne sait plus où l’on se situe sur l’échelle du temps…

Un monte-charge nous élève jusqu’au 5ème étage. La magie opère, on reste fasciné par ce qui nous arrive, difficile de prendre la mesure de ce qui est en train de se jouer. Et pourtant… les papilles s’éveillent, bien réelles, mises en appétit par les notes gourmandes émanant des cuisines.

MENUS SIGNES EMMANUEL RENAUT

Menu déjeuner

Menu dîner

Champagne Krug

Le menu est exquis. Indéniable réalité. Nous connaissions la cuisine d’Emmanuel Renaut pour avoir séjourné aux Flocons de Sel l’hiver dernier, et avons retrouvé sa signature comme un fil rouge inspiré des montagnes alpines. Si nous avions émis quelques bémols quant à ses 3 étoiles au Michelin, il faut reconnaitre que nous avons été agréablement surpris par ce florilège de mets parfaitement interprétés. Si nous avions une toute petite réserve à émettre : il est dommage d’avoir eu une émulsion de poisson et crustacés très similaire l’une à la suite de l’autre. Le dernier amuse-bouche et le plat de poisson restent trop proches dans leur exécution. Mis à part ce léger défaut, le menu fut incontestablement délicieux, cuisiné avec d’excellents produits goûteux, tous sublimés. Mention spéciale pour le sabayon totalement revisité aux subtiles saveurs de bois et poire…

Il existe encore des expériences insolites qui invitent au voyage et à la magie… Merci à la Maison Krug d’imaginer de si belles mises en scène pour sublimer son champagne, qui reste, à nos papilles, l’un des meilleurs qui existe à ce jour avec le Dom Pérignon.

Krug en capitale, au 5ème étage de La Samaritaine, Paris 1er. Réservations en ligne uniquement

http://www.krugencapitale.fr/main.php

http://www.krug.com/fr

http://www.lvmh.fr/

La Samaritaine avait fermé ses portes en juillet 2005 pour cause de vétusté et dangerosité. Après de vastes travaux, la nouvelle Samaritaine devrait rouvrir ses portes en 2015 et comporter 26.000 m2 de surfaces commerciales, 20.000 m2 de bureaux, 7.000 m2 de logements sociaux (soit une centaine d’appartements), une crèche de 60 berceaux et un hôtel de luxe Cheval blanc (groupe hôtelier de LVMH), comprenant 80 suites et chambres.

La Samaritaine en chantier

La Samaritaine en travaux_2

 
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