Le Nobu au Royal Monceau

Une institution de la gastronomie japonaise contemporaine…

… en version éphémère à Paris

Nobu_boeuf tataki

Les trend-setters et amateurs de cuisine japonaise moderne se damneraient pour Nobu. Nobuyuki (Nobu) Matsuhisa. Grand chef cuisinier et restaurateur, connu pour sa gastronomie fusion qui mêle judicieusement plats de la cuisine traditionnelle japonaise et ingrédients de l’Amérique du Sud. Continent solaire où le chef a fait ses armes, mémorisé et inventé des recettes, apprivoisé et maîtrisé les produits locaux. S’offrant au passage une signature gastronomique nippone au caractère latin affirmé.

Non seulement Nobu a révolutionné sa cuisine en lui insufflant des saveurs internationales, mais surtout en lui dessinant une silhouette parfaitement ajustée et à l’allure follement sexy. En effet, Nobu frime en proposant une « jet-food » colorée, légère, exotique et superbement esthétique qui rend complètement folles les papilles des « beautiful people«  : célébrités, personnalités, mannequins ou encore riches hommes d’affaires se bousculent pour obtenir une réservation dans l’un de ses nombreux restaurants, transformant ainsi sa table en accessoire de mode. Dernier haut lieu où il faut être vu.

Même si nombre de fins gourmets critiquent cette « food-fashion », elle reste néanmoins un signe distinctif de « branchitude » : toutes les plus grandes villes du monde abritent un « Nobu ». Toutes sauf Paris. La capitale de l’exception culturelle. Celle où les frimeurs n’ont pas leur place. Une ville où faire profil bas reste synonyme d’intelligence. Et le chef Nobu s’en est rendu compte, trop tard, à ses dépends. Trop avant-gardiste ? Peut-être. Une chose est sure, Paris n’était certainement pas prête à accueillir une table aussi moderniste il y a 10 ans, bien avant la prolifération des sushis, makis et autres sashimis qui ont, depuis, envahi nos assiettes.

Nobu Paris au Royal Monceau

Après 2 échecs, Nobu a pris ses quartiers d’hiver 2012 au Royal Monceau, le temps d’une saison. En édition limitée. Le chef et sa brigade ont ainsi pris d’assaut les fourneaux du restaurant gastronomique La Cuisine, récompensé par une étoile au Michelin, mais cette fois-ci en version éphémère.

Le Nobu de Londres ayant délicieusement fait valser nos papilles il y a quelques années, nous nous sommes empressés de réserver une table afin d’expérimenter le menu de la Saint Sylvestre. Surs ainsi de déguster un diner bousculant les sacro-saints rituels et produits traditionnels qui font, selon la plupart des gastronomes, la réussite d’un repas de réveillon (i.e. foie gras, huitres, homard, etc.). Et de redécouvrir un chef. Appréciation mitigée : si la dégustation fut largement délectable, elle en fut quelque peu frustrante.

Décliné en huit plats et un dessert, le menu de la Saint Sylvestre contait pourtant mille et une saveurs exotiques et enchanteresses.

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Baby sushis Matsuhisa spécial Réveillon
Thon « nigiri » / Seriole et « jalapeño » / Rouleaux de crabe « soft shell »

Soupe Claire au Homard & Nouilles soba au thé vert

Langoustine Martini, Sauce shiso

Tartare de thon O-Toro & Caviar Français “Impérial”

Saumon « Écossais » poêlé
Façon « Karashi su Miso », condiment truffe noire

Salade maki Crabe Royal Kinuta
Vinaigrette épicée au citron et haricot noirs

Cabillaud « Black cod », Miso et yuzu

Entrecôte de bœuf “Wagyu” foie gras poêlée
Sauce « Teriyaki » à la truffe noire

Dessert par Pierre Hermé Paris

Millefeuille Infiniment Truffe Noire
Pâte feuilletée caramélisée, crème de mascarpone à la truffe noire, glace à la truffe noire 

Cafés et infusions
Gourmandises Pierre Hermé Paris

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Le menu fut, dans son ensemble, sympathiquement bon. Quelques détails insatisfaisants ont néanmoins ponctué la prestation. L’exercice n’est certes pas facile. Signer une exécution parfaite quand on décline autant de plats, relève d’une maîtrise rigoureuse et d’un savoir-faire exercé.

Si les « baby sushis » n’ont pas flatté l’oeil par une présentation alléchante, le poisson cru était délicieusement fondant. Aucun exploit à souligner ici, si ce n’est la qualité des produits servis. Un minimum vous en conviendrez.

La soupe claire au homard n’a, quant à elle, pas su envoûter nos papilles. Désenchantement absolu devant un bouillon fade dans lequel évoluaient quelques nouilles soba sans véritable intérêt. A ce niveau de prix, nous sommes en droit d’être exigeant et d’émettre des réserves quant à la réelle implication du chef dans cette recette. Même constat malheureux pour le dessert. Pierre Hermé n’a pas su relever le défi : habituellement explosives, ses saveurs gourmandes ont cette fois-ci joué la carte de la timidité et sont restées très introverties. Voire empêtrées dans un mascarpone grassouillet.

Rien à dire quant à la fraîcheur des produits. Le thon au tartare de velours a majestueusement tenu tête au caviar. Le saumon s’est offert comme une rose délicate et suave, séducteur et onctueux en bouche. Elégantes merveilles de finesse et de légèreté. Mention remarquable pour le cabillaud « black cod », plat signature de Nobu, qui bouscule les sens et entretient un échange sucré-salé parfaitement pertinent avec les papilles.

CABILLAUD « BLACK COD »

Nobu_Cabillaud "black cod"

TARTARE DE THON O-TORO & CAVIAR

Tartare de thon O-Toro & Caviar Français “Impérial”

Si les assiettes sont restées inégales, à la fois en terme de présentation et de goût, nous avons su apprécier un diner exotique aux charmes cosmopolites qui a bousculé les codes d’un repas généralement très conventionnel.

Et si vous avez la chance de diner dans un des nombreux restaurants Nobu, évitez de commander les traditionnels sushis & makis pour vous orienter vers des plats plus dépaysants et inattendus, qui sauront davantage éveiller vos papilles et mettre ainsi vos sens en émoi. Les prix élevés ne justifient pas toujours une qualité sans faute mais garantissent des plats « fashion », une salle à la décoration très tendance et la présence de beautiful people.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de goûter à la cuisine de Nobu, n’hésitez pas à vous détendre dans le jardin-terrasse du Royal Monceau afin d’y siroter un verre et déguster, du bout des papilles, de délicieuses gourmandises signées Pierre Hermé. Les snacks ou « finger food » proposés à la carte étant de qualité toute relative, préférez les pâtisseries pour assouvir une envie de grignotage. Et si l’idée d’une romance à l’italienne vous prenait, installez-vous au restaurant Il Carpaccio et laissez-vous guider par une jolie carte aux saveurs méditerranéennes, justement récompensées par une étoile au guide Michelin.

Le Royal Monceau, 37 avenue Hoche, 75008 Paris

http://www.noburestaurants.com

http://www.nobumatsuhisa.com

Longue salade de tomates_Nobu

Sashimi de limande_Nobu

Sushis rolls_Nobu

Dessert_Nobu

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~ par Marine de Montalivet sur 10 juillet 2013.

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